Rencontre en cette fin d’année 2018 avec Gérard Marty, un artiste plasticien aveyronnais, reconnu nationalement. Cet homme extrêmement gentil, accueillant et très abordable a été une formidable rencontre. Entre abstraction et réalisme, entrevue au cœur d’un monde coloré.

Racontez-nous un peu votre parcours…

Je suis né à Rodez en 1955. Depuis tout petit, j’ai toujours dessiné. Ça a commencé pour faire plaisir à ma mère mais c’est une passion qui par la suite, m’est restée. En 1975, je tente l’entrée aux Beaux-arts à Paris, ce qui fut un échec cuisant. J’ai alors été autodidacte pendant de très nombreuses années, j’apprenais avec des amis. J’ai aussi cumulé les petits boulots. Mais l’idée d’être artiste ne m’a jamais quitté. Nous en avons alors conclu avec ma femme un accord tacite basé sur le fait que j’arrêtais de travailler pour vivre de ma passion mais qu’en échange je m’occupais de mes filles et de toutes les tâches chez moi : j’étais homme au foyer. Après un retour dans l’Aveyron en 1984, je deviens illustrateur-graphiste en participant beaucoup à la vie culturelle régionale. En 1992, je trouve mon style et cela m’ouvre énormément de portes. Je travaille alors par la suite (ce qui est encore le cas aujourd’hui) comme intervenant dans les écoles aveyronnaises, les EHPAD, le milieu psychiatrique, le milieu carcéral etc… En 2000, je deviens alors commissaire d’exposition, organisateur et médiateur culturel à Rignac au sein de l’espace culturel du village.

Tout ce que j’ai fait dans ma vie fait partie de cette identité d’artiste plasticien, c’est
presque un concept artistique.

Votre période en tant qu’homme au foyer a-t-il eu un impact sur vos créations, vos œuvres ?

Cela n’a pas toujours été facile, il y a eu des hauts et des bas, j’étais à part de la société et je ne gagnais pas d’argent facilement. Les gens ont un certain fantasme autour du métier d’artiste mais en réalité, c’est tout autre chose. Nous autres les artistes art plasticiens et peintres, nous n’avons rien, pas de sécurité de l’emploi, pas de congés payés, nous n’arrivons pas à nous défendre, à nous fédérer. J’ai beaucoup milité pour cela.

Comment caractérisez-vous vos œuvres ?

Je suis assez figuratif et narratif, je raconte une histoire à travers chacun de mes
dessins. J’aime raconter le quotidien, la banalité, l’extérieur, ce qui se passe dans les
chambres, dans un couple, représenter les hommes, les femmes, le sexe. Et à côté, je fais aussi des “zigouigouis”, ces dessins que l’on fait quand on est occupé à autre chose ou que l’on s’ennuie.

Dernièrement, je travaille beaucoup sur la transparence, au crayon à papier, avec des dessins hachurés, griffonnés. Je crée beaucoup de personnages, paysages… Côté graphique, je me mets de plus en plus à travailler les dessins sur l’ordinateur, cela donne quelque chose de plus grand et c’est très intéressant.

Assiettes avec visages peints à l'intérieur

Son atelier est visitable par simple rendez-vous si vous êtes intéressés.

Coline Charpentier et Camille Alméras.