Après avoir faits d’étonnantes voire même horrifiantes découvertes lors de ses différents stages à travers le monde, Benoit Rozière a choisi de revenir à ses origines aveyronnaises.

Benoit Rozière a compris qu’il faisait fausse route en découvrant les vaches hublots. Ces animaux de laboratoire équipés d’une canule fermée par un clapet permettant aux chercheurs d’intervenir directement dans leur panse. C’est au Canada que le jeune homme a découvert ce concept déroutant voire même choquant lors d’un stage dans un centre de recherche dédié à l’étude des comportements animaux. Cet épisode, lui a fait prendre conscience de certaines pratiques agricoles non conforme à son éthique. C’est pour cela qu’il a souhaité revenir sur ses terres aveyronnaises pour un retour à un travail plus traditionnel. C’est ainsi qu’il décide de reprendre une exploitation pour y fabriquer du fromage dans le nord Aveyron.

Cette aspiration s’est concrétisée par un projet commun avec sa compagne avec qui il a aujourd’hui fondé une famille. L’ancien propriétaire de la ferme de la Borie Haute située à St-Amans des Cots n’ayant aucun repreneur, ils se sont lancés dans ce projet afin de faire perdurer un certain savoir faire. Puisque cette exploitation, forte de son histoire est la seule en Aveyron à posséder une cave d’affinage sur place.

Actuellement, le jeune agriculteur, producteur d’un seul fromage laguiole AOP (appelé mono-produit), se démarque par la qualité de ses produits, qu’il propose sous trois affinages différents. La production et la vente de ces fromages étant des processus mis en place depuis plusieurs années, il a pour ambition d’élargir son périmètre de vente. Sa compagne, salariée au sein de l’exploitation, est en charge de la vente de produits de la ferme ainsi que de toute la partie administrative. 

Malgré les difficultés physiques liées à son métier et des restrictions très strictes en raison du cahier des charges de l’appellation AOP, la clé de sa réussite est sa passion débordante pour le métier qu’il exerce maintenant depuis plus de cinq ans. La fabrication de ces fromages fermiers est aujourd’hui victime de son succès puisque la demande est plus importante que la capacité de production. Engagé, déterminé et entouré d’une équipe de salariés soudée, la difficulté que rencontre Benoît Roziere est la recherche d’un associé pour pouvoir assumer la demande de la clientèle devenant de plus en plus importante . 

C’est avec beaucoup d’admiration et de fierté que la mère de l’agriculteur évoque le parcours de son fils ; aujourd’hui à la tête de la ferme de la Borie Haute. Présente tous les samedis au marché de Rodez pour vendre les fromages de son fils, la ferme de la Borie Haute est une véritable histoire de famille. Elle fait aussi les marchés fermiers et producteurs durant la période estivale, ce qui représente la plus grande activité commerciale de l’exploitation. Enfin, pour ceux qui souhaiteraient goûter aux délices de ces fromages de caractères, la Borie Haute propose une vente directe à la ferme le lundi matin ainsi que le vendredi toute la journée.

Chloé Puech et Marine FORT.