Cette saison, la création de la première équipe féminine marque une nouvelle étape pour le club de football de Soulages-Bonneval. Ancien joueur devenu entraîneur, Roger Cervantes a connu un long parcours dans le football avant de choisir de s’investir dans ce village depuis plus de dix ans.

Roger Cervantes est né à Toulouse le 22 décembre 1954, il y passe toute son enfance. C’est dans la commune voisine de l’Union qu’il découvre réellement le football, où il joue dès son plus jeune âge. « Pas de réseau, pas de téléphone… alors on tapait dans le ballon partout où on pouvait« . À 15 ans, il quitte l’école après la quatrième et part en apprentissage dans la restauration, à Rocamadour.

Le football, lui, ne l’a jamais quitté. Des entraînements en district jusqu’à la Coupe Gambardella, la coupe de France des juniors, il a occupé plusieurs postes. Il ne pensait jamais devenir entraîneur mais le destin l’y mène lorsqu’il accompagne son neveu au Toulouse Athletic Club à la fin des années 1990. Il y apprend « sur le tas« , aux côtés d’anciens grands joueurs comme Pascal Despeaux ou Ahmed Aït Ali. Sans diplôme d’éducateur, il a juste envie d’apprendre et d’aider.

Soulages Bonneval : un club, une famille

En 2014, Roger Cervantes s’installe avec sa femme dans une maison à Orlhaguet (nord Aveyron. C’est à ce moment-là qu’on vient le chercher : « Ils savait que je jouais au foot à Toulouse… alors ils m’ont demandé d’entraîner. » Il choisit Soulages Bonneval, un petit club familial qui l’attire par sa simplicité.

Avec lui, le club vit des moments forts : quatre tours historiques de Coupe de France, deux montées successives (de départementale 4 à départementale 2), des saisons compliquées mais jamais abandonnées.
« On était en D4 et on a fait tomber deux R3… ça, c’est mon plus beau souvenir, » raconte-t-il, encore ému.

Mais l’essentiel, pour lui, n’est pas seulement sur la pelouse :  

  • Les repas après l’entraînement, qui lui vient des entrainements à L’Union
  • L’ambiance festive de l’équipe
  • L’ambiance entre jeunes et anciens : « Cette année il y a beaucoup de respect de la part des jeunes pour les anciens et c’est réciproque. »

Un homme de valeurs : simplicité, respect

Roger Cervantes, Crédit : Robin Glandières

Ce qu’il demande à ses joueurs dépasse les tactiques de jeu :
« Aimer ce qu’on fait, respecter le club, les joueurs, les dirigeants.« 

Ses fiertés : avoir une équipe jeune, talentueuse, respectueuse, et maintenant une équipe féminine qui montre la croissance de ce club.  

Il consacre son temps à transmettre et à faire progresser les joueurs. Même s’il n’est pas toujours visible, son rôle est important. « La simplicité, voilà ce que je veux qu’on retienne de moi.« 

Un avenir toujours tourné vers le terrain

À 70 ans passés, il imagine doucement la suite : passer la main sur le terrain, mais rester au club, toujours présent, car Soulages lui a « apporté beaucoup« .

Les projets ne manquent pas : nouveaux vestiaires, éclairage LED en 2027, coopération avec des clubs voisins pour créer une véritable école de football.

Et quand on lui demande s’il s’arrêtera un jour, il répond avec un sourire :
« Je coacherai toujours un peu que ce soit pour l’équipe une ou la deux ».

Robin Glandières