Thibault Chaligné est un homme investi, profondément engagé dans au sein du festival Le Fil du Son de Civray. Avec près de 300 bénévoles, il contribue à faire vivre un événement devenu incontournable dans la région Nouvelle Aquitaine.

27 juillet 2024, représente Thibault Chaligne acteur du Fils du Son – Créditeur photo Paul Aubouin

Âgé de 49 ans et originaire d’une cité de Grignay, il a trouvé un équilibre professionnel en tant que responsable en conseil patrimonial. Lorsqu’il doit se définir, M. Chaligné choisit spontanément l’humour « beau, magnifique et intelligent ».  Mais il reprend d’un ton plus sérieux « bienveillant et généreux ».

Un bénévole engagé et polyvalent

En dehors de sa vie professionnelle, Thibault Chaligné s’investit dans une association « Le Fil du Son », nom sous lequel est généralement identifié l’association, mais qui porte réellement et officiellement le nom La Chemise Verte, née de la superstition associée au vert.

Au cœur du festival : le partenariat, l’accueil et l’humain

Dans le cadre du festival, son rôle est multiple. Il est responsable de la commission Partenaire, en charge de trouver et fidéliser des partenaires. Durant le festival, il supervise deux équipes, une chargée de l’accueil Pro/VIP et une en charge de l’espace et du bar VIP.

La structure du festival repose sur deux salariés permanents : le directeur de programmation et l’assistant de production. Ainsi que sur une large base de bénévoles nouveaux ou fidèles. Thibault Chaligné siège au conseil d’administration (CA), composé de 15 personnes, dont un bureau formé de 2 coprésidents, 2 secrétaires et 2 trésoriers.

Le lobbying selon Thibault Chaligné : « Donner avant de recevoir« 

Son rôle au sein du CA et de la commission consiste à solliciter les entreprises locales, les artisans ou les grands groupes. Ces derniers pourront participer financièrement ou en fournissant des services.

L’un des plus importants et anciens d’entre eux est RLM, fournisseur historique du festival en boisson (bière, jus de fruit, autres), en matériel comme des tables, des chaises et des frigos. D’autres partenariats impliquent des banques, des producteurs locaux, des entreprises de BTP, etc….

Pour décrire ses méthodes, il utilise un terme précis : le lobbying. Pour lui, il s’agit avant tout de montrer que le festival existe, qu’il est présent, et de défendre ses intérêts auprès des acteurs politiques, institutionnels et économiques. Mais surtout, il insiste sur sa philosophie : « Quand je donne, ce n’est pas pour recevoir. Certains font les choses pour rendre les autres redevables. Je fais les choses par envie, pour faire plaisir. C’est peut-être comme ça que j’ai développé mon réseau. »

Grâce à cette approche humaine, il assiste régulièrement à des événements où il est invité en tant que représentant du festival. Parmi eux, un gala caritatif à l’Arena, organisé au profit du Fond Aliénor du CHU de Poitiers, où étaient vendus aux enchères des affiches signées et un graff de Fatal Bazooka réalisé pour le Fil du Son. « Le repas était à 250 euros » raconte-t-il avec humour. « Je suis rentré à la maison, j’ai mangé, j’avais encore faim.« 

Un festival aux 180 partenaires

Le festival réunit environ 180 partenaires, certains présents depuis des années, d’autres nouveaux. Entre sponsoring et mécénat, les apports financiers sont variés. Thibault Chaligny rencontre les partenaires au moins deux fois par an.

Une fidélité mise à l’épreuve mais toujours intacte

« Il y a cinq ou six ans, j’ai failli quitter l’association. La charge mentale, la dynamique interne du bureau ou certaines tensions entre bénévoles ont failli avoir raison de mon engagement. Ce sont ses enfants qui l’ont convaincu de ne pas abandonner.« 

S’il revient chaque année, ce n’est pas pour la logistique, ni pour la routine : c’est pour le contact humain, ce moteur qu’il revendique depuis plus de dix ans consacrés au festival.

Un festival coûteux mais rentable

L’organisation calcule qu’un bénévole coûte environ 200 €, entre nourriture, goodies, vêtements. Le montant varie en fonction de leur durée de présence et d’engagement sur le festival.

Cette année, le festival a été rentable, même si le montant du bénéfice reste confidentiel.
Les aides publiques couvrent 20 % des besoins, tandis que 80 % du financement proviennent des partenariats, sponsoring et mécénats réunis.

Le coût global de festival est de l’ordre de 1 200 000€.  

Le festival n’a lieu qu’en juillet l’année prochaine, mais Thibault Chaligné est déjà en pleine recherche de partenaires avec son équipe.

Anaé Ayrald