L’automne est là et avec lui, une nouvelle saison de chasse. Cet article dresse le portrait de Mathéo B., un jeune chasseur empreint de valeurs et de passion pour cette pratique séculaire.

Mathéo accompagnait son père à la chasse depuis ses 6 ans/ Crédit : Gemini

Ce matin-là, tout est calme : les oiseaux volent haut, le soleil est à peine levé. « Reste bien derrière moi et ne passe jamais devant« , me conseille mon guide. Nous sommes au milieu d’un champ fraichement labouré, la chienne cherche des pistes à renifler. Mathéo a accepté que je l’accompagne lors d’une matinée de chasse au petit gibier (oiseaux, lièvres). « Je vis comme une liberté, on est au milieu de rien, tranquilles« , constate-t-il, tandis que nous cheminons.

Premières battues

Âgé de 19 ans, Mathéo B. a son permis de chasse depuis un peu plus d’un an maintenant. C’est pourtant un chasseur qui se déplace avec l’expérience de celui qui maitrise son environnement. « J’accompagne mon père à la chasse depuis que j’ai 6 ans » m’a-t-il confié. « Dès que j’ai pu faire la chasse accompagnée je l’ai faite« . Suite à une formation sur la sécurité et le maniement des armes, la chasse accompagnée permet à un jeune de chasser sous la supervision d’un chasseur plus expérimenté. Ensuite, le jeune Tarnais a passé son permis de chasse dans l’Aveyron.

« Une éducation sur les animaux qui est hyper importante« 

Tout au long de notre périple au sein des champs, Mathéo me désigne divers oiseaux, reconnaissables par leur manière de voler, leur taille. Sa connaissance des espèces est impressionnante et démontre un véritable amour de la Nature. « La chasse permet d’en apprendre encore plus sur l’endroit où l’on vit, c’est une éducation sur les animaux qui est hyper importante« , m’explique-t-il en me désignant dans la boue les traces d’un chevreuil. Le respect de l’animal est au cœur de la chasse d’après lui, « le bon chasseur doit être capable de ne pas engendrer de la souffrance à un animal, cela ne fait pas partie des valeurs de la chasse« .

De jeunes chasseurs à la mentalité nouvelle

Le jeune homme me rappelle plusieurs fois les consignes de sécurité. « »Pour moi, un bon chasseur c’est une personne qui a conscience des risques et de la gravité du tir qu’il peut engendrer« , m’affirme-t-il. « Un tir ne doit jamais être dangereux pour le chasseur ou pour qui que ce soit, il vaut mieux regarder l’animal passer que de prendre le risque de blesser ou de tuer une personne ou un chien« . D’après lui, c’est aux chasseurs de faire en sorte que tout se passe bien pour tout le monde et de respecter les consignes de sécurité. Les jeunes chasseurs seraient perçus différemment d’après lui  car ils « n’ont pas la même mentalité, ni la même connaissance des risques et dangers de leur passion » que les chasseurs de générations plus anciennes.

Pour Mathéo, le plus important est de faire comprendre les raisons et l’utilité de la chasse : « Les étés, nous mettons en place des journées de nettoyage et de restauration des chemins et des forêts pour que tout le monde puisse profiter de la nature, chasseurs et promeneurs« . De plus, sans leur intervention, les nuisibles tels que les sangliers menacent l’agriculture française en détruisant les cultures.

La chasse pour lui est plus qu’une passion : c’est un pilier de sa vie. Il a accueilli cette année son premier chien, qu’il amène à la chasse et qu’il guide avec amour et respect. « Je l’ai vue naitre, c’est un membre à part entière de la famille« . Ce souhait de transmission, il aimerait également en faire partager ses futurs enfants : « Plus tard, j’aimerais faire découvrir à mes enfants ma passion tout en leur laissant le choix de devenir ou pas chasseur« .

Solène ROUCARIE