Grâce à une méthodologie unique et un dévouement sans faille, Emerick Darbelet,
entraîneur adjoint, est devenu un rouage essentiel du Rodez Aveyron Football depuis 5
saisons.

Emerick Darbelet sur la pelouse du stade Paul-Lignon
en marge du match RAF – Bastia, la saison dernière
(photo : R-O).

Au sein du Rodez Aveyron Football, Emerick Darbelet est bien plus qu’un adjoint : il est un
véritable architecte du jeu. Chaque semaine, il conçoit et anime les séances d’entraînement
et travaille sur l’analyse vidéo.

Ses séances d’entraînement s’articulent autour de trois piliers : la structure d’équipe, les
zones clés du terrain et les relations entre les joueurs. « Je fonctionne beaucoup à l’instinct,
mais tout est organisé. Mes idées s’intègrent dans des cycles thématiques couvrant une
saison entière »
, explique-t-il. Ce cadre méthodique ne bride pas la créativité des joueurs.
Fidèle à son principe de « liberté structurée », Emerick veille à maintenir un équilibre entre
plaisir et exigence. Cette approche permet aux joueurs de travailler rigoureusement tout en
s’épanouissant à l’entraînement.

En parallèle, il est également chargé du travail vidéo, une mission essentielle pour préparer
les matchs. Aux côtés de l’analyste vidéo Nabil, il décortique les performances des
adversaires, élabore des stratégies et ajuste les consignes en conséquence. Le quotidien
d’Emerick est rythmé par des journées intenses : entraînements collectifs, séances
individuelles, préparation tactique, visionnage et analyse des matchs, et gestion des aspects
logistiques.

Un exercice historique

La saison 2023-2024, historiquement la meilleure du club dans l’élite, restera gravée dans
les mémoires de ses supporters. Sous la direction du duo Santini-Darbelet, le RAF atteint
les barrages d’accession en Ligue 1, en finissant 4e du championnat, notamment grâce à
une attaque spectaculaire (62 buts).

L’épopée a été marquée par un match de barrage inoubliable contre le Paris FC, conclu par
une séance de tirs au but au scénario sans précédent. Le RAF s’est imposé malgré trois
premiers échecs pour les trois premiers tireurs, un moment de tension extrême où Didier
Santini a su détendre l’atmosphère sur le banc. « Il s’est passé des trucs avec mon coach,
lors de la séance de penalty… Il m’a dit des trucs… incroyables… il m’a fait rire. Le mec avait
un tel détachement, une telle confiance dans le truc, j’avais envie de lui dire : “Mais t’es un
fou, mec !” »
, se souvient Emerick en riant.

2024/2025, un nouveau départ

Avec un effectif renouvelé à 90 %, le démarrage de la formation ruthénoise version 24/25 en
championnat s’est avéré délicat. Les joueurs ont dû retrouver leurs repères, tandis que les
recrues apprenaient à assimiler les principes de jeu et à tisser des liens sur le terrain.
Pourtant, les fondations solides établies par le duo Santini-Darbelet ont permis au RAF de
maintenir une dynamique de progression. « Nous travaillons sur nous-mêmes, match après
match, sans nous focaliser sur l’adversaire. Cela donne une identité unique à nos rencontres
»,
dit-il.

Avec 28 buts inscrits et une neuvième place à la mi-saison en Ligue 2, l’équipe peut se
targuer de posséder la meilleure attaque du championnat, même si cela corrèle avec une
des défenses les plus perméables. Ce déséquilibre n’entame toutefois pas l’enthousiasme
des supporters ruthénois, qui saluent la qualité du spectacle proposé sur le terrain. « Croiser les gens à Rodez, entendre leurs retours après un match… C’est là qu’on réalise ce qu’on
fait vivre aux autres »,
confie-t-il.

Raphaël Ouvrard