Géraldine travaille dans le développement durable, depuis les débuts de l’utilisation de ce terme. Aujourd’hui, elle dirige ce pôle à SNCF Réseau, en Occitanie, où le climat représente un enjeu majeur. Derrière sa voix posée, une conviction forte : agir vraiment, et rester fidèle à ses valeurs.
Quand Géraldine franchit la cuisine, une présence tranquille s’installe avec elle. Elle pose son café, ajuste ses lunettes et sourit. Dès ses premières phrases, sa personnalité s’affirme : directe, assurée. Elle a toujours suivi ses convictions : “Depuis toute petite pour moi, l’environnement, c’est hyper important.”
Travailler “pour l’intérêt commun”
Son histoire commence loin des rails. Géraldine part d’abord vers la biologie, puis change complètement de direction pour se tourner vers l’océanographie. Elle suit ce qui lui parle le plus, quitte à revoir ses plans au dernier moment. Ça l’emmène d’abord dans une maîtrise à Bordeaux, puis dans un DESS qui était l’un des premiers à parler de développement durable. Pour elle, c’était déjà un sujet central.
Quand elle arrive à SNCF Réseau quelques années plus tard, ça se fait presque naturellement. Elle découvre un établissement public où elle peut vraiment travailler “pour l’intérêt commun”, comme elle le dit elle-même. “De travailler pour le collectif, pour moi c’était hyper important, plutôt que de faire gagner de l’argent à une boîte.” Cette idée devient vite un fil conducteur pour elle.
L’environnement au cœur de tout
Aujourd’hui, elle dirige le pôle développement durable en Occitanie. C’est un territoire immense et complexe, parcouru par plus de 3000 kilomètres de voies. Son rôle, c’est de faire en sorte que l’environnement soit pris en compte partout : dans les grands projets, dans les travaux de régénération, mais aussi dans la gestion de la végétation, qui est indispensable pour garantir la sécurité du réseau.
Ce qui ressort fortement de ses explications, c’est l’importance de la concertation. Pour elle, ce n’est pas un simple passage obligé, c’est la condition pour que les projets aient du sens. Discuter avec les élus, les associations, les agriculteurs ou les riverains permet d’intégrer leurs visions, de comprendre leurs projets, et d’adapter le rail en fonction de ce que le territoire deviendra réellement.
Elle refuse l’idée de placer une gare là où il n’y a plus de vie, plus d’activité, “si tu mets une gare dans un no man’s land qui n’alimente plus, ça n’a aucun intérêt.” Pour elle, le rail n’a d’utilité que s’il suit la transformation du territoire. Quand elle parle d’avenir, elle cherche avant tout la cohérence. Pas la solution qui brille mais qui ne tient pas dans le temps.
Une équipe réduite
Pourtant, derrière l’ampleur de ces dossiers, son équipe est assez réduite : trois personnes et deux alternants. C’est une force de frappe dérisoire au regard des enjeux, mais elle continue d’avancer malgré tout. Elle n’aime pas le travail répétitif, elle préfère chercher, créer, tester de nouvelles idées. “Toutes les tâches répétitives je n’aime pas beaucoup, mais j’essaye de les transformer pour que ça soit plus plaisant”, comme elle le dit d’un ton amusé.
Elle évoque la surcharge, parfois lourde, mais jamais l’abandon. Elle fait front, organise, hiérarchise, s’adapte. Elle fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a, et surtout, elle ne lâche rien.
“En harmonie avec mes valeurs.”
Plus les minutes passent, plus une évidence s’impose : Géraldine n’est pas seulement une cadre de la SNCF, c’est une femme pour qui la cohérence entre ses valeurs et son travail est non négociable.
Elle assume ses positions, refuse les jeux politiques qui ne mènent nulle part, dit non quand c’est nécessaire, mais toujours en argumentant.
Son objectif personnel tient en une phrase simple, presque douce, mais ferme : “Être toujours en harmonie avec mes valeurs.” Son engagement se reflète dans ses choix professionnels, dans sa manière de se positionner, dans son refus de se compromettre pour “faire bonne figure”.
Et lorsque la conversation touche à sa fin, elle résume cette posture en quelques mots qui éclairent tout le portrait : “Pour moi, c’est essentiel d’agir concrètement pour préserver l’environnement.”
Inès Sanchez Encausse



Laisser un commentaire