En 2006, les tubes passaient en boucle, les salles obscures faisaient le plein et les grandes figures de la culture populaire écrivaient leur histoire. Vingt ans après, retour sur une bande-son et des images qui n’ont pas pris une ride.

Le 25 décembre 2006, James Brown tire sa révérence. Le « Godfather of Soul » laisse derrière lui une empreinte immense sur la funk, la soul et le hip-hop. Une page de l’histoire musicale se tourne, presque au moment où une autre commence à s’écrire. En avril de la même année, deux entrepreneurs suédois, Daniel Ek et Martin Lorentzon, fondent Spotify. Le service ne sera lancé au public qu’en 2008. Personne ne mesure encore ce qui se prépare. D’un côté, on pleure les géants du disque et les voix qui ont façonné des générations ; de l’autre, les premières lignes d’un empire qui bouleversera notre façon d’écouter la musique s’écrivent discrètement. Vingt ans plus tard, les albums ont cédé une partie de leur règne aux playlists et les morceaux voyagent à la demande.

James Brown a sorti 59 albums studio au cours de sa carrière.
Crédit : Heinrich Klaffs

Le petit écran a la mémoire longue

En 2006, les écouteurs ont de quoi chauffer. Diam’s impose Dans ma bulle, porté par « La Boulette » et « Jeune demoiselle ». Un rap frontal, personnel, populaire, qui raconte le quotidien sans chercher à l’adoucir. L’album devient la meilleure vente de l’année en France. À l’autre bout du spectre, Nelly Furtado fait danser la planète avec Loose, ses sonorités pop et ses collaborations avec Timbaland. « Promiscuous » et « Maneater » tournent en boucle. Et puis il y a Fatal Bazooka. Avec « Fous ta cagoule », Michaël Youn détourne les codes du rap pour en faire une parodie devenue un véritable phénomène commercial. Trois univers, trois façons d’occuper les ondes.

Le plus ironique ? Le rap, que l’on pouvait encore caricaturer en 2006, est devenu l’une des forces dominantes de l’industrie musicale française. En 2025, les cultures rap représentaient à elles seules un tiers de la consommation totale en streaming audio et vidéo. De la provocation à la première place des playlists, le chemin est parcouru.

2006 : les films qui ont rempli les salles.

Le film Arthur et les Minimoys a atteint 6,3 millions d’entrées à sa sortie en France.
Affiche : EuropaCorp

Cette année-là, le cinéma français voit grand, drôle et parfois complètement déjanté. Luc Besson lance Arthur et les Minimoys, pari ambitieux entre animation et prises de vues réelles. Les Bronzés 3 retrouvent leurs fans vingt-sept ans après leurs premières aventures et signent le carton de l’année avec plus de 10 millions d’entrées. Sur les plages, Camping installe Patrick Chirac et son mythique « Alors, on n’attend pas Patrick ? » dans le paysage populaire. Autre ambiance, autre génération : Nos jours heureux nous replonge dans les colonies de vacances, entre amitiés, premières amours et souvenirs d’été. De l’autre côté de l’Atlantique, Pixar fait vrombir les moteurs avec le premier Cars. Flashy, drôle et déjà culte. En 2006, les salles obscures ont décidément le sens du spectacle.

Alice Masbou