Jean-Claude Maillard, fondateur et dirigeant d’Aéro Figeac n’en est plus au stade d’un simple entrepreneur. À tout juste 59 ans, l’ingénieur issu de l’ENI de Tarbes nous livre ses impressions sur son entreprise.

Pour commencer, comment en êtes-vous arrivé à créer Figeac Aéro ?

Après 5 ans et demi chez Ratier Figeac et 2 ans chez Forest, j’ai créé Figeac Aéro en Janvier 1989, avec mes économies de l’époque, soit 120 000 francs (18 000 euros aujourd’hui). J’ai créé mon entreprise pour assumer mon propre destin. Ce fut Figeac Aéro, mais cela aurait pu être une autre affaire. En 1989, je connaissais pas mal l’aéronautique, pour avoir passé quelques années chez Ratier à Figeac, et j’ai senti que les charges de sous-traitance dans ce secteur allaient fortement croître et le marché n’était pas structuré pour répondre à cette croissance.

J’ai alors décidé de créer Figeac Aéro et Ratier a été un de mes premiers clients. Trois ans après le démarrage, Ratier ne pesait plus que 20% de notre chiffre d’affaire. Depuis, Figeac Aéro a profité de la croissance du secteur aéronautique et de la stratégie de sous-traitance des donneurs d’ordre : constructeurs, sous ensembliers, équipementiers. Notre chiffre d’affaire sera de 340 millions d’euros cet exercice. Nous sommes implantés sur trois continents, Europe, Afrique, Amérique. Plus précisément, nous avons cinq implantations en France, une au Maroc, une en Tunisie, une au Mexique et une aux USA. 24% du capital est coté en bourse et ma famille et moi détenons 76% du capital.

Votre progression est surprenante, comment s’organisent vos journées de dirigeant aujourd’hui ?

Je passe environ 70% de mon temps à l’usine de Figeac et 30% en déplacement. Je voyage principalement pour voir les plus gros clients, visiter les filiales, préparer et réaliser de la croissance externe comme l’achat de société, voire création de société nouvelle. À Figeac, lors des réunions du lundi, je m’informe de la performance du site, la satisfaction clients en terme de délai et qualité et je reçois mensuellement le directeur de MTI (Decazeville ) et MécaBrive, pour un point industriel et financier.

Je participe aussi aux réunions de suivi de rentabilité et de la maîtrise du besoin en fond de roulement de nos différentes business unit. Je participe à la réunion commerciale d’analyse des devis et des affaires susceptibles de démarrer rapidement. Le reste de la semaine, je supporte mes plus proches collaborateurs sur les sujets les plus sensibles : investissements, croissance, image de Figeac Aéro sur le marché boursier, stratégie commerciale, performance industrielle et financière, aides publiques, etc.

Votre travail a été récompensé, qu’avez-vous ressenti après l’obtention du « Prix de l’audace créatrice« , donné en personne par le Président de la République ?

Cela fait toujours plaisir d’être honoré. J’ai dû ressentir à peu près la même chose que ce que vous ressentez quand vous gagnez un match ou que vous avez une très bonne note à l’école.

Votre réussite porte Figeac Aéro à bout de bras, mais quel avenir envisagez-vous vraiment pour votre entreprise ?

Le groupe va continuer à se développer, tant que la conjoncture aéronautique sera bonne. Il faudra bien traverser la prochaine crise aéronautique, il en arrive une régulièrement tous les dix ans. Je vais continuer à faire des augmentations de capital, et quelques cessions de part, pour que dans 10 ans environ, je puisse me retirer en gardant 50% environ des parts de Figeac Aéro, et en laissant la direction du groupe à une équipe extraordinaire qui est quasiment en place actuellement, et qui mâture très vite. Cette équipe représente les valeurs de l’entreprise, notre âme, et le modèle Figeac Aéro marquera l’histoire de la sous-traitance aéronautique. Je souhaite que ce modèle vive le plus longtemps possible, et dans tous les cas, ce n’est pas moi qui le changerai.

J.P et E.I