Un master 2 en Communication et Territoire en alternance, une activité d’auto-entrepreneur et la présidence d’une association : à 22 ans, Jacques Haudrechy a déjà plusieurs casquettes. Il y a trois ans, alors qu’il était encore étudiant en BUT Information-Communication à Rodez, rien ne le destinait à devenir entrepreneur. Depuis, il avance, saisit les occasions et apprend aussi à composer avec les doutes.

Jacques Haudrechy a été diplômé en 2025 à l’IUT de Rodez ( crédit : loannesvisuals)

À l’origine, Jacques Haudrechy ne cherchait pas forcément à créer son entreprise. Il réalisait déjà des missions pour des associations ou des collectivités, et certaines demandes devenaient de plus en plus régulières. Il lui fallait alors un statut pour pouvoir continuer à travailler. « Je n’y comprenais rien, je me suis dit que c’était une montagne à gravir », raconte-t-il. Finalement, il pousse la porte de la CCI : « Je leur ai dit : je ne connais absolument rien, mais je veux travailler, donc comment je peux faire ? » Quelques démarches plus tard, son activité est officiellement lancée.

Faire ses preuves, quel que soit son âge

Entreprendre à 20 ans, c’est aussi devoir trouver sa place. Lors d’une campagne municipale, il se conseille une équipe dont les membres ont parfois le double de son âge. Il sent rapidement quelques réticences : « Il y avait des hommes de 50 ans qui se disaient : attends, mais il a 22 ans, il ne va pas m’apprendre la vie. » Pour gagner leur confiance, il adapte sa manière de présenter les choses, s’appuie sur ses connaissances et implique l’équipe. Une expérience qui lui apprend à affirmer sa légitimité : « Si tu fais le timide, t’es mort. »

Derrière cette assurance, les doutes ne disparaissent pas pour autant. Face à certains contrats, il lui arrive de se demander s’il sera à la hauteur. « Tu peux vite avoir un déficit de légitimité », reconnaît-il. Il a même déjà refusé des missions parce qu’il ne se sentait pas suffisamment compétent. Pour avancer, il apprend aussi à s’entourer et à collaborer avec d’autres professionnels.

Une façon de rappeler qu’entreprendre ne signifie pas forcément tout faire seul.

Un agenda bien rempli… parfois trop

Entre les cours, l’alternance, les clients et les projets associatifs, les journées semblent parfois trop courtes. Jacques se décrit lui-même comme un « boulimique d’opportunités », dès qu’un projet se présente, il a envie de le saisir. Mais cette envie a ses limites. « À une époque, en troisième année de BUT, je disais oui à tout et je me suis vite noyé. » Aujourd’hui, il apprend à poser des limites et à refuser certaines missions.

Malgré la charge de travail, sa motivation reste intacte : « La com, c’est une passion pour moi. Je pense que je n’ai jamais fait un projet qui m’a saoulé. Même faire un flyer, j’adore. »

Et maintenant, on fait quoi ?

Pour autant, Jacques ne voit pas forcément son entreprise comme une fin en soi. Il aimerait avant tout travailler dans une collectivité territoriale et garder son activité en complément. Son parcours reste ouvert, sans trajectoire toute tracée.

S’il pouvait donner un conseil à celui qu’il était trois ans plus tôt, il ne changerait finalement pas grand-chose : « Je lui dirais surtout de ne pas se poser de questions. » Et lorsqu’il regarde le chemin parcouru, une chose est certaine : « Je ne regrette absolument aucun projet que j’ai fait. »

Ambre Trottmann