Georges Amaro est l’un des derniers opérateurs projectionnistes de Rodez. Pendant plus de trente ans, il a consacré sa carrière à la projection de films, d’abord dans les trois cinémas historiques de la ville, puis au CGR. À l’occasion de son départ à la retraite, retour sur un métier aujourd’hui presque disparu.

Crédit photo : Resmije Semovik

Ancien charcutier, Georges Amaro découvre le cinéma à la suite de la fermeture de son lieu de travail. Ce qui devait être une reconversion est finalement devenu une carrière de 31 ans : « Je ne pensais pas rester 31 ans, et puis finalement les années ont passé.« 

Quand le film se montait à la main

À ses débuts, les films étaient constitués de bobines de pellicule qu’il fallait assembler avant chaque séance, puis démonter après la projection. Le technicien devait rester présent pour surveiller le bon déroulement du film : « Tout ce qui se fait automatiquement maintenant, nous le faisions manuellement.« 

Du cliquetis des bobines au silence du numérique

L’arrivée du numérique, notamment accélérée par la sortie d’Avatar en 2009, bouleverse le métier. Les bobines disparaissent au profit de fichiers numériques et le travail en cabine s’efface progressivement : « Maintenant, on ne touche même plus au projecteur.« 

Georges Amaro rejoint alors le hall du cinéma, où ses missions évoluent vers le contrôle des billets et la confiserie. Pour lui, cette transformation marque la disparition silencieuse d’un métier : « C’est un métier qui a disparu dans le silence et dans l’indifférence la plus complète.« 

Un départ à la retraite « au bon moment »

Après 31 ans au service du septième art, Georges Amaro prend sa retraite à la fin du mois de novembre. S’il regrette une partie de son ancien métier, il semble satisfait de son parcours : « Moi, je pars au bon moment. » Le métier de projectionniste a évolué, mais la passion qui l’a animé pendant toutes ces années reste intacte.

Solène Roucarié